Toute l’information des élections américaines 2008
- 187,5 milliards de dollars pour faire la guerre - Le Pentagone n’encadre pas la photo numérique - George W. Bush touché pas les effets collatéraux - La FEC ouvre les vannes
Auditionné par la commission des armées du Sénat, le secrétaire adjoint à la Défense Paul Wolfowitz a réclamé une enveloppe d’urgence de 25 milliards de dollars pour financer les conflits en Irak et en Afghanistan. En tenant compte de ce montant, l’administration républicaine aura dépensé 187,5 milliards de dollars – soit l’équivalent du PIB de l’Autriche - pour faire la guerre. Les sénateurs des deux partis devraient intercéder en faveur du Pentagone. Mais ils ont tancé l’exécutif qui, d’une part, ne cesse de sous-estimer le coût des opérations, et d’autre part, refuse de fournir le détail de ses dépenses. La critique est notamment venue du sénateur républicain John McCain… Le Pentagone espère demander 50 milliards de dollars supplémentaires au second semestre, ce qui portera le total à 237,5 milliards de dollars – soit l’équivalent du PIB de la Belgique !
« Nous fonctionnons dans une situation de guerre avec des contraintes édictées en temps de paix, à l’âge de l’information, quand tout le monde se promène avec des appareils numériques ». Ce sont les propos tenus par Donald Rumsfeld au Sénat, pour expliquer la diffusion hors de contrôle du Pentagone, des photos de torture à la prison d’Abou Ghraïb. Equipés d’appareils numériques, d’ordinateurs connectés au Web pour rester en contact avec leurs proches, les jeunes soldats américains appartiennent à la génération Internet. Un phénomène que le ministère de la Défense n’a pas anticipé. D’ailleurs, les clichés de l’arrestation de Saddam Hussein publiés en janvier, comme ceux de vingt cercueils recouverts du drapeau américain révélés en avril, provenaient déjà des appareils numériques des soldats.
La popularité de George W. Bush vient d’atteindre son plus bas niveau depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2001. Selon un sondage réalisé par la chaîne CBS, 44% des sondés (-2 points) continuent à approuver l’action du républicain tandis que 49% (+2 points) la désapprouvent. L’expérience démontre que la probabilité de réélection est faible lorsqu’un président est sous le seuil des 50% de popularité. En outre, 39% (-2 points) des sondés approuvent la politique irakienne de l’administration, contre 58% (+7 points) qui sont d’un avis contraire. Une large majorité de sondeurs s’accordent à dire que la situation de George W. Bush est désormais périlleuse.
La Commission fédérale aux élections (FEC) a refusé de restreindre le financement des campagnes par des groupes d’intérêts et par ceux de protection sociale. Les organisations qui se sont formées au cours des derniers mois, continueront donc à financer et à réaliser des publicités politiques. Ces groupes permettent aux démocrates de combler une partie de leur retard sur les républicains, car ces derniers peuvent compter sur un large réservoir de contributeurs. La FEC contredit la loi McCain-Feingold adoptée en 2002, en vue d’interdire les contributions illimitées des sociétés et des groupes d’intérêts aux partis.
Gérald Bouchez
Laisser un commentaire