Cahier des Amériques

Toute l’information des élections américaines 2008

L’affaire « Copper Green » n’est pas sans rappeler les pratiques délictueuses révélées à partir du mois d’août 1972 par Bob Woodward et Carl Beinstein dans le Washington Post. Après avoir provoqué la démission du président Nixon, le cambriolage de l’immeuble du Watergate a été le point de départ d’une série de scandales qui ont éclaboussé la communauté du renseignement et ses opérations secrètes.Tout commence le 22 décembre 1974 lorsque le New York Times met à jour le programme Chaos inauguré sous la présidence Johnson puis poursuivi sous Nixon. En contradiction avec son mandat, la CIA a surveillé les campus universitaires américains. Puis la commission sénatoriale Church découvre l’opération Cointelpro (Counter Intelligence Programm), laquelle a permis au FBI de mener des actions clandestines contre cinq groupes politiques sur le sol américain entre 1956 et 1971. Pour sa part, la NSA a inauguré à partir de 1952, le programme Shamrock en charge d’analyser les copies de tous les échanges télégraphiques des Etats-Unis (environ 150 000 messages par mois).

En outre, la CIA a multiplié les opérations secrètes en territoire étranger, dont la plus symbolique a provoqué en 1973, la mort du président chilien Salvador Allende. A partir de 1975, l’agence lance le programme Condor en vue de perpétrer des assassinats politiques en Argentine, au Chili, au Paraguay, et en Uruguay. La centrale de Langley n’est pas néophyte en la matière car elle a été l’origine des assassinats du premier ministre congolais Patrice Lumumba en 1960, du dictateur dominicain Rafael Trujillo en 1961, et de plusieurs tentatives visant Fidel Castro au cours des années 1960.

En définitive, le rapport accablant du sénateur Church va inaugurer une période vertueuse. En effet, les agences de renseignement se soumettent alors à un contrôle parlementaire. L’amendement Hughes-Ryan de 1974 permet au Congrès d’obtenir une communication sur les actions clandestines menées sur le terrain. Par ailleurs, le Sénat et la Chambre des représentants sont dotés dans la foulée de deux commissions sur le renseignement par lesquelles circulent une information complète sur l’activité des agences de renseignement.

Ce dispositif n’a jamais été remis en cause par les présidents américains qui sont succédés depuis lors à la Maison Blanche. Toutefois, il n’a pas empêché la crise Iran-Contras dans les années 1980. Précisèment, le président Reagan accepte à cette période une libération d’otages détenus en Iran en échange d’armes réexportés depuis le Nicaragua où la CIA cherche à déstabiliser les sandinistes au pouvoir. Dans le cas d’Abou Ghraïb, l’article New Yorker estime que la Commission des services armés du Sénat n’aurait pas eu connaissance du programme Copper Green.

Gérald Bouchez

Pour en savoir plus:
Consulter l’ouvrage de Jean Guisnel, La Citadelle endormie, éditions Fayard, 2002

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  • Une semaine de campagne

    - 187,5 milliards de dollars pour faire la guerre - Le Pentagone n’encadre pas la photo numérique - George W. Bush touché pas les effets collatéraux - La FEC ouvre les vannes

    • 187,5 milliards de dollars pour faire la guerre

    Auditionné par la commission des armées du Sénat, le secrétaire adjoint à la Défense Paul Wolfowitz a réclamé une enveloppe d’urgence de 25 milliards de dollars pour financer les conflits en Irak et en Afghanistan. En tenant compte de ce montant, l’administration républicaine aura dépensé 187,5 milliards de dollars – soit l’équivalent du PIB de l’Autriche - pour faire la guerre. Les sénateurs des deux partis devraient intercéder en faveur du Pentagone. Mais ils ont tancé l’exécutif qui, d’une part, ne cesse de sous-estimer le coût des opérations, et d’autre part, refuse de fournir le détail de ses dépenses. La critique est notamment venue du sénateur républicain John McCain… Le Pentagone espère demander 50 milliards de dollars supplémentaires au second semestre, ce qui portera le total à 237,5 milliards de dollars – soit l’équivalent du PIB de la Belgique !

    • Le Pentagone n’encadre pas la photo numérique

    « Nous fonctionnons dans une situation de guerre avec des contraintes édictées en temps de paix, à l’âge de l’information, quand tout le monde se promène avec des appareils numériques ». Ce sont les propos tenus par Donald Rumsfeld au Sénat, pour expliquer la diffusion hors de contrôle du Pentagone, des photos de torture à la prison d’Abou Ghraïb. Equipés d’appareils numériques, d’ordinateurs connectés au Web pour rester en contact avec leurs proches, les jeunes soldats américains appartiennent à la génération Internet. Un phénomène que le ministère de la Défense n’a pas anticipé. D’ailleurs, les clichés de l’arrestation de Saddam Hussein publiés en janvier, comme ceux de vingt cercueils recouverts du drapeau américain révélés en avril, provenaient déjà des appareils numériques des soldats.

    • George W. Bush touché pas les effets collatéraux

    La popularité de George W. Bush vient d’atteindre son plus bas niveau depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2001. Selon un sondage réalisé par la chaîne CBS, 44% des sondés (-2 points) continuent à approuver l’action du républicain tandis que 49% (+2 points) la désapprouvent. L’expérience démontre que la probabilité de réélection est faible lorsqu’un président est sous le seuil des 50% de popularité. En outre, 39% (-2 points) des sondés approuvent la politique irakienne de l’administration, contre 58% (+7 points) qui sont d’un avis contraire. Une large majorité de sondeurs s’accordent à dire que la situation de George W. Bush est désormais périlleuse.

    • La FEC ouvre les vannes

    La Commission fédérale aux élections (FEC) a refusé de restreindre le financement des campagnes par des groupes d’intérêts et par ceux de protection sociale. Les organisations qui se sont formées au cours des derniers mois, continueront donc à financer et à réaliser des publicités politiques. Ces groupes permettent aux démocrates de combler une partie de leur retard sur les républicains, car ces derniers peuvent compter sur un large réservoir de contributeurs. La FEC contredit la loi McCain-Feingold adoptée en 2002, en vue d’interdire les contributions illimitées des sociétés et des groupes d’intérêts aux partis.

    Gérald Bouchez 

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